Une révolution verte a cours depuis 2012 au Mali, grâce à la compagnie Hydroma Inc. Elle va bientôt s’étendre dans toute l’Afrique de l’Ouest avec la construction prochaine d’un pipeline qui traversera le Sahel et atteindra l’Europe. Une importante étape qui achèvera de convaincre le monde de l’énergie de s’intéresser enfin à l’hydrogène naturel, candidat parfait de la transition écologique.

Bourakébougou montre la voie au monde

Il y a dix ans, la communauté scientifique croyait que l’hydrogène naturel ne se trouvait qu’à des profondeurs sous-marines inaccessibles et à des quantités sans intérêts pour l’industrie. « Aujourd’hui il y a une vingtaine de pays qui ont découvert de l’hydrogène naturel, dont le Mali, la Russie, les Etats Unis, l’Australie, le Canada, etc. Mais toutes ces découvertes n’ont pas encore atteint notre niveau de recherche. Nous sommes les seuls au monde à investir depuis une dizaine d’années dans la géophysique, la sismique, dans les forages », fait valoir Aliou Diallo, PDG et fondateur d’Hydroma, dans une interview accordée à Africable Télévision.

Depuis 2012, cette compagnie est la seule à exploiter l’hydrogène naturel et à le transformer en électricité propre, qu’elle distribue gratuitement au village de Bourakébougou (Mali). Elle a ainsi fait mentir le monde de l’énergie, mais a surtout promu un candidat idéal de la transition écologique. En effet, cette ressource s’avère totalement vertueuse car abondante, non polluante, renouvelable et moins chère. Il y a quelques mois, Hydroma Inc. a lancé sa production industrielle après le test réussi de Bourakébougou, achevant de convaincre l’industrie et les décideurs publics de la viabilité de son projet énergétique.

Un pipeline du Mali à l’Europe pour exporter l’hydrogène naturel

La société d’Aliou Diallo envisage maintenant de passer un autre cap. Elle veut exporter sa production en Afrique de l’Ouest et plus tard en Europe, un continent aux moyens énormes, mais qui se contente encore du peu : l’hydrogène vert, fabriqué en usine. « Nous avons programmé de faire un pipeline pour transporter l’hydrogène naturel du Mali au Sénégal, à la Mauritanie, au Maroc, jusqu’à la porte de l’Europe. Donc ça fait 4700 kilomètres », a dévoilé le milliardaire malien.

Selon lui, « ce n’est pas un rêve, c’est une réalisation tout à fait faisable » car même « l’Europe est en train de construire 23.000 kilomètres de pipeline pour le transport de l’hydrogène (vert) ». En envoyant son hydrogène sur le marché européen, Aliou Diallo  espère rester compétitif. S’il y parvenait, l’entrepreneur remporterait son parti et prouverait que la technologie est mature pour s’approprier enfin cette ressource.

En Europe, la situation évolue aussi, notamment en Allemagne, pays qui ambitionne de devenir numéro 1 de l’hydrogène. La première puissance économique a récemment dévoilé son plan pour cette filière de 9 milliards d’euros.

L’Allemagne montre un intérêt pour les travaux d’Hydroma Inc.

D’après l’homme d’affaires malien, l’Allemagne s’intéresse à son projet énergétique, autant le milieu scientifique allemand que le gouvernement. Dans le programme national de l’hydrogène, il est même question de l’hydrogène blanc, le nom attribué à l’hydrogène naturel. « J’étais la semaine dernière en Allemagne et on a eu des réunions avec de hauts responsables des ministères. Celui qui chapeaute même le programme de l’hydrogène naturel en Allemagne a dit : ‘’Bravo Mr Aliou Diallo parce que grâce à vos travaux nous avons pu inscrire l’hydrogène blanc dans notre programme national de l’hydrogène’’ », a confié Aliou Diallo.

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